Choses vues/lues/entendues, Cinéma, Maman masala

Enchantement

08/02/2017

Dimanche 29 janvier, je suis allée voir Tous en scène, le nouveau film des studios Illuminations. Je n’avais pas particulièrement lu de critiques sur le film, simplement vu la bande-annonce et je me suis dit que, pour un baptême de cinéma – chaque séance au cinéma a un petit air de sacré pour moi, alors forcément, les premières séances de mes enfants, c’est une sacré émotion -, l’absence de violence que laissait supposer le pitch, la diffusion en 2D, pouvaient peut-être me garantir un moment agréable aux côtés de mon dernier-né. Un pari gagné.

Et pourtant…

Personnellement, l’anthropomorphisme, je ne suis pas très cliente. J’ai toujours eu l’impression, même gamine, qu’on me prenait un peu pour une imbécile en me montrant des animaux agissant comme des hommes. Et malgré le côté ludique de la chose – ou bien à cause de cet aspect, d’ailleurs – il a toujours été plus difficile pour moi de m’identifier à un personnage animal qu’à un humain. Plus tard, il m’est régulièrement apparu comme particulièrement commercial et gnangnan de mettre en scène des animaux afin de faire passer des bons sentiments et une moralité accessible à n’importe quel enfant de plus de 2 ans. Mais ça, c’était avant.

En fait, pour être franche, c’était avant Zootopia. Si vous deviez ne choisir qu’un seul film d’animation sur ces dix dernières années, je vous conseillerai de voir celui-là. Et Tous en scène, me direz-vous? Hé bien, sincèrement, malgré la pauvreté apparente de l’intrigue, je le placerai bien en deuxième position.

Quand on singe les humains, quand même, l’anthropomorphisme, c’est drôle.

Un show efficace

La première qualité du film est peut-être bien visible dès la bande-annonce, et justifie qu’on aille le voir sur grand écran: nous entrons dans le domaine du spectacle, et spectacle il y a. Impossible de ne pas être séduit par la qualité de l’animation, qui nous fait croire sans aucune arrière-pensée au talent de chacun des animaux présents, qui rend vraisemblable chaque élément du décor, chaque machinerie, chaque mouvement de ceux qu’on appellerait presque des acteurs.

Evidemment, le son est au coeur du film et, reprenant avec brio de nombreux standards, la bande originale fait son travail. C’est à la fois un gage de rencontre avec le public, qui s’attend bien sûr à un système d’auditions et de spectacle similaire à celui qu’on peut trouver dans les shows télévisés, mais c’est également mon grand regret: j’aurais aimé plus de chansons originales, créées pour le film. Néanmoins, on ne peut que saluer l’interprétation des chanteurs, qui vient compléter une mise en scène des plus efficaces.

Un scénario bien ficelé

L’intrigue n’est finalement pas si simpliste que ça. Bien sûr, sans vous gâcher la fin, vous ne serez pas surpris d’y trouver un happy ending, ainsi que des évolutions positives de la plupart des personnages. Mais c’est un bonheur de constater de plus en plus que les films d’animation s’éloignent d’un manichéisme peu constructif, pour proposer des personnages complexes, dont les relations ne sont pas sans surprise.

Vous voyez cette sorte de lézard, à droite? Rien que pour ce personnage, vraiment, allez voir le film.

L’idée de base: le propriétaire d’un théâtre en faillite décide d’organiser un concours de chant afin de monter un nouveau spectacle sensé relancer l’établissement. Suite à une bévue de sa secrétaire, ce beau plan va subir de nombreux quiproquos et le spectateur suivra, dans un rythme effréné, les efforts désespérés de ce patron pour sauver le spectacle, tout comme les difficultés personnelles et artistiques très variées auxquelles les concurrents sont confrontés.

Tous en scène propose finalement un spectacle entraînant, des rebondissements bien orchestrés, des personnages qui ne laissent jamais indifférents, et un message simple mais pas sentencieux. On ne s’ennuie pas, on se prend au jeu, on se surprend à chantonner, on écarquille les yeux et on est ému : une partition rythmée, originale, et sans fausse note.

Pour la bande-annonce (pas si alléchante que ça, selon moi), allez voir par exemple ici.

You Might Also Like

2 Comments

  • Reply Isabelle Rousseau 08/02/2017 at 19:12

    J’ai très envie d’y aller mais ma petite dernière de 25 ans n’est pas dispo.

    • Reply masala book 08/02/2017 at 22:05

      Ta dernière de 25 ans AUJOURD’HUI si je me souviens bien! Joyeux anniversaire à elle! Deux solutions: tu chopes un gamin au hasard et tu l’entraînes de force au ciné, ou tu assumes d’y aller sans caution moins de 12 ans…

    Leave a Reply