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Dilili à Paris

26/10/2018

Par un beau samedi d’automne, j’ai profité de mon alibi enfants pour aller voir le dernier film d’Ocelot, sorti le 10 octobre. Compte-rendu d’une sortie cinéma réussie.

Pour ceux qui ne voient pas du tout de quel film je parle, un petit point rapide: Michel Ocelot, c’est le réalisateur de Princes et princesses, Kirikou, Azur et Asmar… Quand on va voir un film d’Ocelot, on s’attend moins à un film pour enfants qu’à un voyage poétique vers la tolérance et l’amour de l’humanité. Dit comme ça, ça peut paraître très intellectuel et moralisateur, mais pas du tout. Le travail d’animation est époustouflant, la musique entêtante, le sujet percutant.

Dilili à Paris raconte les aventures d’une petite Kanake hors du commun, venue à Paris pour l’exposition universelle et qui se retrouve embarquée dans une énigme policière qui lui fera traverser la ville de la Belle Epoque.

 

 

Les points forts du film

Visuellement, comme toujours, l’animation est extraordinaire. Utilisant la photographie, l’image de synthèse mais aussi, pour les personnages, des techniques de marionnettes découpées en papier coloré, Ocelot nous propose une vision à la fois hyper réaliste du Paris de la Belle Epoque et une projection merveilleuse du conte de Dilili.

 

La musique ponctue parfaitement les rebondissements du scénario, et inclut avec un naturel remarquable des extraits Belle Epoque: Debussy, Bizet, Satie… Gabriel Yared collabore à nouveau avec Ocelot (après Azur et Asmar), avec inspiration, notamment pour l’entêtante « Le soleil et la pluie » interprétée entre autres par Nathalie Dessay… Elle fait déjà partie de nos classiques et égaie nos trajets !

 

 

Côté scénario, tout se tient, et va crescendo. Le rythme de l’enquête s’accélère et si, comme moi, on a pris soin de ne pas trop lire de résumé de l’intrigue avant d’aller voir le film, on est surpris de la tournure que prennent les événements.

 

 

C’est d’ailleurs la dernière grande force du film selon moi: le message qu’il véhicule, très actuel, mais pas donneur de leçons. Sans dévoiler l’essentiel, on peut tout de même dire que Dilili à Paris nous invite à réfléchir à notre relation à l’autre, aux droits de l’enfant, à la place de la femme, au libre-arbitre… Quoi de mieux qu’un bon conte pour éveiller les consciences et délier les langues de nos filles et nos garçons?

Ce qui m’a lassée

La curiosité de Dilili est en tout point charmante et essentielle, mais une bonne partie du film se passant à rencontrer d’autres personnages, la petite fille se plait à répéter « Je suis enchantée de faire votre connaissance. »… ce leitmotiv a son importance dans l’intrigue comme dans l’aspect pédagogique du film, mais je dois avouer qu’il a fini par me hérisser les poils des oreilles.

Les personnages que Dilili rencontre sont pour beaucoup des personnages réels, et c’est finalement le deuxième bémol de ma critique. Certes, l’hommage est beau, le voyage temporel est particulièrement formateur pour les plus jeunes et les adultes se plaisent à retrouver des pans entiers de leur culture, mais j’ai trouvé également relativement lassant de croiser une célébrité à chaque coin de rue. Le temps que Dilili rencontre Proust, Lautrec, Eiffel, Picasso, Monet, le Prince de Galles… l’intrigue piétine, et le mélange entre réel et féérie n’est plus si efficace.

 

Ici, Dilili en grande conversation avec Sarah Bernhardt, Louise Michel et Marie Curie.

 

Bilan: courez-y!

Malgré les deux points qui m’ont déplu, je reste enchantée par cette nouvelle réalisation d’Ocelot, et suis même attristée d’avoir constaté que nous n’étions qu’une dizaine dans la salle de cinéma, pour ce premier samedi d’exploitation. Mes garçons ont adoré (4 ans et 7 ans), même s’ils n’ont évidemment pas saisi toutes les allusions culturelles, charmés par la beauté des images, l’intrigue rythmée, la musique entraînante.

Et pour les chanceux collègues de primaire qui pourraient emmener leurs élèves voir ce petit bijou, il existe déjà un dossier pédagogique très bien pensé ici.

« Des petites graines, j’en mets partout, et une partie germe et fleurit. » Michel Ocelot

A vos arrosoirs !

Bande-annonce

 

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4 Comments

  • Reply Anousha 26/10/2018 at 20:51

    On l’a demandé sur Plex, j’espère qu’on pourra bientôt le voir 🙂

    • Reply masala book 26/10/2018 at 20:56

      Mais naaaaan! Profitez des vacances, allez le voir au cinéma! 😉

  • Reply Cécile 27/10/2018 at 20:52

    En avant première début octobre les enfants et leur papa ont beaucoup aimé aussi, avec le même questionnement de l’adulte sur la place de chacun de ces personnes célèbres et leur valeur ajoutée par rapport à l’intrigue. Me restera à le découvrir à l’occasion!

    • Reply masala book 28/10/2018 at 16:00

      Ce sera sûrement l’occasion d’une séance home cinéma dans les mois qui viennent alors, un joli moment de complicité à 4 à venir!

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